Set de pique

29 août 13

Thunder Chief

Sous le teepee, la fumée envahissait déjà presque tout l'espace. Le feu qui brûlait depuis 3 minutes 57 secondes, se trouvait au centre de la pièce de vie centrale au milieu. Autour de celle-ci se développaient 3 chambres à coucher, une salle de bain, salle de jeu, et autres commodités utilitaires à la vie indienne. Vu de l'extérieur le teepee ne mesurait que 3 mètres de diamètre. Cette espace intérieur était surréaliste. Comment faisaient-ils pour agrandir comme ça les dimensions? Mystère et boule de gomme !!!

Bref !!!

 

La fumée entrait dans les narines, les yeux piquaient, les oreilles bourdonnaient par cette odeur persistante. Je ne vous parle pas des vêtements qui étaient, eux aussi, imprégnés de ce parfum. D'ailleurs, parlons de nos accoutrements. Ils étaient très sommaire puisque réduits à un petit bout de tissu communément appelé "cache sexe" et constitués d'une triple couche de papier sulfurisé vert fluo en forme de feuille de cannabis sativa ou indica, ça dépendait des goûts.

 

Ces morceaux de papier nous étaient donnés à l'entrée de ce parc d'attraction 3 étoiles négligemment intitulé « Thunder chief » du nom d'un chef indien célèbre. Ce parc rendait hommage, comme on peut s'en douter, aux indiens d'Amérique. Le but du séjour de 33 heures était de nous plonger dans la vie des amérindiens. On payait une somme de 32 euros. Pensant être originale, la caissière s'était affublée d'une tête de cheval avec une crinière en forme de pales d'hélicoptères qui tournait lentement grâce à un moteur à réaction dégageant une fumée noirâtre et puante de gazole frelaté. Après avoir payé notre dû, nous nous rendions dans une sorte de vestiaire de sport avec des casiers numérotés, arrivé là, nous nous déshabillions, déposions nos objets de valeurs dans une caisse commune et mettions nos fringues dans les casiers qui nous étions destignons. Pour finir, nous prenions le bracelet qui correspondions au numéro de notre casier.

Simple, efficace, comme à la piscine.

En faisant tout cela, on sentait petit à petit le poids de la vie quotidienne et ses petites difficultés disparaître.Le « matériel » était alors derrière nous. La légèreté prenait tout son sens.

 

Nous devenions Indien.

Hiiiiiiiii ! Haaaaaaa !

 

Dans cette transformation si soudaine, le plus dur était de changer psychologiquement. Changer nos réflexes urbains. Plus de mains dans les poches puisque privé de poches ! Comment les indiens faisaient-ils pour avoir l'air cool ? Chui sûr que c'est les plumes ! Nous devions aussi oublier le confort de la télé et de ses masses médias, du téléphone portatif et sa 4G, de l'ordinateur avec sa wifi, en somme, faire abstraction du XXIéme siècle et de ses ondes.

Passé cette sensation de vide, bassement matériel, sans tout ce con-fort, nous nous troufions dans un sentiment de totale liberty dans ton corps.

 

Un guide nous guidait dans le soi-disant village indien en carton à pattes. Il n'y avait qu'un seul teepee dans lequel nous pouvions entrer. Les autres n'étaient que des fax similé cuir avec des bouts de bois en plastique en guise de charpente. Nous avions payé pour dur faux semblant. Déjà nos humeurs en prirent un bon coup au morale.

 

Tout cela fut bien vite oublié quand on nous fit entrer dans, « Le Teepee ». Au sol, un tapis volant, fainéant d'après notre guide, respirait difficilement en somnolant à 31 centimètres du dessus de la terre poussiéreuse. Il était mochement brodé de motifs tentant d'imiter faussement les décorations zindiennes. Sur les murs, aucun cadres ne voulaient se tenir par peur de se casser en tombant à terre. Ils faisaient un sitting (bull) pour protester contre leur conditions de travail inacceptables. Du coup, la décoration en pâtissait de tout ce pataquès. Elle était concise voir circoncise. Heureusement pour sauver cet ornement plus que simpliste, des têtes empaillées de buffalo (bill), de gnous, de crocodiles, et d'autruches gisaient fièrement, mentons en avant, sur les cloisons de tissu molletonnées. Notre guide nous expliqua qu'apparemment, les indiens, d'après ces renseignements, chassaient... Il ne s'étendit et n'en dit pas plus sur le sujet. Ce maudit guide ne nous étaient d'aucune utilité, nous nous en rendions bien compte, mais nous ne voulions pas lui faire de peine. Nous faisions semblant de nous intéresser à ce qu'il ne décrivait pas puisqu'il n'avait aucune connaissance de ce parc d'attraction, qu'on venait juste de l'embaucher en intérim, que c'était son premier jour, qu'il n'y connaissait rien en nindiens, qu'il avait bosser un mois au Disney Land, que sa mission ne durait que 30 jours et qu'il en avait rien a carrer de tout ce bordel. Là dessus, nous étions plus à l'aise, rassurés et continuions la visite sans trop prêter attention à se qui se tramait aux zalentours.

 

Pourtant, l'ambiance s'était démesurément alourdie. Tellement alourdie qu'on ne pouvait plus la peser.

 

De toute part, des cowboyz de la Compagnie des Réserves Salutaires arrivaient en masse par camion blindés plein à craquer, jet à eau prêt à faire feu. Ça s'gâtait. Nous crûmes à ce moment là à une reconstitution d'une célèbre bataille entre les colons et les peaux rouges. Que nenni nous disait le guide, ça ne figurait pas dans le programme. Absorbés par cette arrivée chevaleresque, nous ne nous rendions pas compte de la tournure qu'allait prendre les évènements.

 

Le guide s'enfuit en criant que nous devrions en faire de même. Il fut stoppé net dans sa course par 3 tirs de flash-ball. Une balle lancée à pleine allure lui percuta les parties génitales, une autre lui enfonça le nez et la dernière lui arracha 3 doigts de la main droite. Il tomba raide comme un piquet d'aspirine. Gisant à terre, une flaque de sang noire s'écoulait en une masse sombre et visqueuse.

Nous comprenions alors que notre destin était ce qu'il était.

Scellé.

Nous étions tous à moitié à poil encerclés par des hommes habillés comme des robots, armés jusqu'au dents. Le match était couru d'avance. Pas un bâton, pas une pierre, juste de la poussière, rien pour se défendre, rien pour tenir le siège.

Nada.

On nous somma de ne pas faire de chichis et de nous rendre sans plus de complications.

Nous obéissions ou nous mourrions comme ce satané intérimaire qui a voulu faire de la résistance, la menace était claire.

Nous ne fîmes pas de chichis, on se rendit sans plus de complications.

 

On nous fit monté sans trop de chichis et de complications dans des camions apprêtés pour recevoir des prisonniers.

 

On roula sur 29 kilomètres dans un cohue-bohue sans nom, la route était chaotique.

 

On nous jeta dans des réserves où il était écrit à l'entrée en lettres de fer « le chômage technique rend libre ».

 

J'le savais.

J'l'avais dit aux camarades du syndicat.

C'était un piège du patron de nous offrir un voyage à nous, ses employés, tous frais payés sur le compte de l'entreprise.

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BBQ

La totalité de ce qui m'entourait ressemblait à une charbonnade ! Tout était de sombre, de noir profond, dont on ne voit pas le fond, ainsi font, font, font... À force d'essayer de percevoir quoi que ce soit de lumineux, j'en perdais le nord au sud de la diagonale transversale.

Quel bousin !

Pfff, j'étais trop à l'ouest.

Je me sentais tout rabou-d'grisou dans ce noirasme moiteux d'espace-lieu in-situ où je m'trouvais virevoltant in-vivo.

À mes pieds, rien.

À droite, nada.

À gauche, rien.

Au dessus de ma tête, rien d'plus.

Bon...

Très bien.

J'acceptais l'état des choses comme elles se trouvaient. Carpe diem dit-on dans l'dicton.

Les parois de ma funeste caverne étaient tendres. Je pouvais, en grattant nerveusement, y creuser de mes doigts frêles, des petits trous qui ne m'étaient aucunement utiles sauf à me rendre les mains toutes noires et sales. J'avais qu'ça à faire alors j'grattais, j'grattais, j'grattais tous les murs de ma prison obscure et sombre.

Et puis, vînt le moment où en frottant une de ces parois, une fumée blanchastresse et une lumière rubescente zapparurent. Ouais. Bon. Ça va, les lampes, les génies, les contes de feu, tout ça, moi j'y croyais pas, faut pas m'la faire à l'envers. Je décidais donc de rester stoïque, calme et sûr de moi perdu au fond d'mon trou noir et sombre et obscur. J'attendais d'voir v'nir comme on dit. J'crois que c'que j'voiye...

Badaboum-crac, une chaleur intense vînt me souffler son haleine brûlante sur mon doux visage de jeune homme en pleine forme de l'âge. Les murs de ma paroisse funèbre prenaient des couleurs rougeoyantes pas très rassurante. La température augmentait sans vergogne, bientôt j'eusse trop chaud. Je me déshabillais donc prestement à toute allure rapidement pour ne pas succomber et ne pas m'évanouir sous l'coup d'touffeur. Ma nudité ne changeait rien à rien, j'avais toujours trop chaud dans mon corps, tout devenait rouge autour de moi, d'un rouge vif, ardent, incandescent. Qui avait allumé ce feu qui allait avoir raison de ma personne, de ma chair, de mon sang ? Tabernacle !

Tout à coup, d'énormes gouttes grassouillettes tombèrent du plafond.

Spaltch !

Sploutch !

Je plantais un doigt tout gonflé par la chaleur dans une gougoutte qui était tombée près de moi. Je la goûgoûtais pour savoir de quoi qu'elle était bin composée, sacredieu et puis j'avais sacrément une soif de loup affamé. En bref, j'étais desséché voire déshydraté même.

Oh, et bien ma surprise fut à son comble quand je réalisâtes où que j'me trouvais présentement et dans quel pétrin j'étais fourré.

 

Cette maudite goutte avait un goût de merguez cuicuite.

 

Satané diable !

Comment avais-je pu tomber aussi bas dans l'fond du fond d'un BBQ géant ?

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01 déc. 12

Mon cahier de dessins

 

superhérosmasquéwebwinnnie-the-poorweb

 

YeahwebYoweb

Alfwebbabyweb

calavera-russewebchèvreweb

chienchienwebCronosweb

Dans-la-lunewebdarkvadorweb

El-Reywebhell'z-door'zweb

 

laaapinweblemandrilletlevautourweb

 

serpent-à-couilleswebskateurweb

golfeurweb Mon cahier de dessin, feutres, format 24X32

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30 nov. 12

AÉKI

L'escalator grimpait à une vitesse phénoménale. Il fallait compter les secondes pour arriver à grimper sur une des marches de c't'escalier mécanique.

Prendre son élan.

Compter, Un , deux, trois et sauter.

Les marches étaient hautes d'un mètre douze virgule trois centimètres, ce qui faisait une sacrée hauteur pour un sportif comme moi. Heureusement, pour les personnes de petite taille qui descendaient en rappel des hélicoptères qui tournaient au dessus de nos têtes, le magasin bleu et jaune de meubles design jetables à la mode occidental avait installé des trampolines noirs avec des élastiques rouges d’une efficacité frappante. Ces trampos' bizarrement poilus tiraient une langue visqueuse et rose fluo qui reposait sur la terre battue mouvante dont était composé une partie du sol. Leur circonférence permettait à sept zacrobates de bondir plus loin. Grâce à eux et à cause d'eux, les 7 nains atteignaient sans aucun mal la troisième marche, ou bien, pour les groupes plus légers, tout le monde bondissait jusqu’en haut sans passer par la case escalier de fer. Quelquefois les trampolines poussaient un grand cri d'énervement, prenaient leur souffle et d'un coup, paf, faisait jaillir un groupe entier qui traînassait sur son dos. Les nains finissaient alors leur vol le crâne et les os écrabouillés sur le panneau publicitaire qui se tenait en face. Les couleurs publicitaires additionnées au sang rouge écarlate, aux bouts de cervelle blanc-jaune dégoulinants et aux os craquelants, pouvaient, avec un peu d'imagination, composés une peinture, qui, ma foi, n'avait aucun intérêt à mes yeux. Par contre un groupe de personnes, une coupe de champagne à la main, faisant semblant de savoir et de démontrer la force du tableau en cours et définissait ce qu'était l'art aujourd'hui. En regardant de plus près, j'aperçus qu'ils étaient en train de déguster des poussins vivant en leur coupant la tête d'un geste précis, buvaient leur sang puis les enfournaient dans leurs grandes bouches voraces situées au dessus de leurs têtes. Pour sauver la face de l'humanité, des militants vegan de l'autre coté du grillage dressé pour les empêcher d'entrer manifestaient nus et jetaient des pommes pourries tombées des arbres tout en en profitant pour croquer la partie où se trouvait le ver, cette petite larve gloutonne du Carpocapse, petit papillon ravageur de fruits à noyaux ou pépins.

 

Je décidâtes de ne pas prendre part à cette orgie de cris, de nus et de pommes véreuses.

 

Pour ma part, j'le sentais pas c't'escalator.

Nan !

D'une part, j'étais alourdi par la boue qui se formait du mélange de bave qui coulait des langues de trampoline et de la terre battue. De plus, j'étais lesté par mes boots hautement compensées au plomb Maçonnique. Tout le poids de l'Histoire, du symbolique honorifique, des chevaliers perdus, des drapeaux en bernes pesait sur mes épaules frêles.

Du coup, je pris l'ascenseur.

Simplement.

Un superbe ascenseur doré, douillé, tout y brillé. Sur son sol était collé une moquette verte caca d'oie à poils épaissis si longs que je ne voyais plus mes chaussures à semelles ultra-compensées. D'après le panneau d'informations numériques, la montée durait au minimum une heure. En continuant à lire j'appris que cela pouvait varier en fonction des conditions météorologiques en dehors de la cabine en ascension.

Je décidâmes donc de m'allonger pour faire un petit somme sur la moquette qui paraissait si moelleuse. Elle était dure et froide comme du marbre. Quand je fermais les yeux je me croyais dans une cellule de dégrisement de nos chers commissariats zencombrés. Je m'endormis tout de même, malgré l'inconfort. 

À mon réveil, horreur et stupéfaction !

Je m'étais trompé en appuyant sur les boutons. J'avais pressé celui tout en haut où il était écrit : « Bloody hell mother fucker » et non « Entrée du magasin ». Pourtant il n'y avait que 2 boutons sur le panneau. Je devais être distrait par les pommes pourries volantes non vermifugées et les mangeurs glouton de poussins crus piaillant à la mort du rez-de-chaussée.

Enfin... j'en étais là !

Je ne pouvais plus faire marche arrière.

Les portes s'ouvrirent lentement. Elles gémissaient et couinaient comme un chihuahua mal embouché. Elles en profitaient pour me lâcher un sourire jaune de gêne à moitié dissimulé qui me mis tout de suite dans l'effroi. Une chaleur lourde s'abattit sur mon corps, un souffle incandescent me brula tout les poils du visage, ma peau devint glacée de bouillonnement. J'avais les yeux secs comme des haricots secs. Ça piquait. Ça grattait. Ça sentait mauvais. L'odeur venait de ma pilosité qui fumait et se consumait tranquillement, je fus rassuré de sentir mon odeur, quelque chose de familier dans ce nouveau monde belliqueux. Les portes se marraient carrément maintenant, on voyait leurs grandes dents de devant. Ç'était d'un ridicule ! On ne voyait que cet émail jaunie. Hautain, je décidais de les ignorer passivement. J'avança d'un pas sur cette nouvelle terre étrange et brulante. C'est à ce moment précis qu'une légère douleur se manifesta à l'endroit où, au préalable, j'avais des orteils, une voûte plantaire et un talon.

Plus rien...

Enfin, si, un magnifique moignon chirurgicalement plastifié par la semelle de ma chaussures qui enveloppait cette... boule de chair. En faite, c'était très esthétique et ça deviendrait surement à la mode, j'en étais sûr. Je remerciais la lave qui composait le sol pour cette œuvre corporel et retourna dans la cabine de l'ascenseur pour ne pas perdre l'équilibre et calciné mon deuxième pied. Les portes s'étaient calmées et jalousaient ma nouvelle allure en vogue dans les hautes sphères niortaises. Je ne pus m'empêcher de rire à mon tour en les voyant si dépitées. Je pris attention à ce que je faisais cette fois-ci et appuyais sur le bon bouton. Du fait de la pression que j'exerça sur celui-ci, mon doigt s'enfonça jusqu'à la première phalange et un pus jaune épais en jaillit. Mon reflet dans le miroir de la cabine secouait la tête de découragement parce qu'il venait de me prendre en flagrant délit d'introduction de mon doigt recouvert de suppuration dans ma bouche. Son goût ne m'étais pas inconnu, un mélange de crème pâtissière et d'huître.

Laiteuses.

Laissons là ces considérations gustatives.

« Entrée du magasin »

Le voyage ne dura que trois minutes trente deux. Juste le temps de peaufiner ma chevelure restante, sèche, crépitante, boursouflée par le souffle de chaleur. Les portes s'écartèrent sans broncher cette fois-ci. Dans la centrale d'achats qui s'ouvrait devant moi, le temps était à la pluie. Malins et maudits commerciaux, toujours l'astuce pour vous faire acheter des parapluies biodégradables placés à l'entrée qui s'autodétruisent après un temps compté. Il y avait aussi des bottes en caoutchouc, des coupes vents et des vêtements de pluie d'intérieurs imperméables. Pour rendre l'achat plus zattractif et alléchant, les parapluies autodestructeurs biodégradables écologiques volaient à basse altitude, de sorte que l'on pouvait les attraper en plein vol.

C'était super !

Je chopais un parapluie à la volée, non sans lui assener une escarmouche bien placée derrière la septième baleine pour l'assommer un bon coup. Je fis l'économie d'une botte sur deux grâce à mon handicap avantageux et d'un vêtement de pluie. Par contre je pris un wagonnet mis à disposition pour mettre mes achats et commanda au passage une bouteille de mezcal pour la traversée. La chenille qui se pavanait au fond de la bouteille me jeta des yeux de chien battu. Elle me fit comprendre grâce à une pancarte manuscrite tendue grâce à sa mue qu'elle aimerait sortir de cette enfer alcoolique et reprendre une vie normale.

Tranquille.

Cool.

Comme ces congénères des pommes mais avec de l'agave. Une vie normale, sans addictions ni souffrance. Ce travail n'était pas fait pour lui, tout le monde peut se tromper, c'était à cause du conseiller d'orientation, elle ne s'attendait pas à ça et puis... je n'arrivais pas à lire la suite du message écrit en trop petit. J'avais un bon fond à l'époque, elle me faisais de la peine et je trouvais qu'elle avait raison. Pour la sauver, je bus la bouteille cul sec en serrant les dents pour filtrer cette pauvre ch'nille.

Chose faite.

Sauf qu'au moment où je la tenais dans la bouche, un message gerbant des hauts-parleurs du magasin énonça la possibilité d'énormes réductions sur les tronçonneuses électroniques super-puissantes. Justement j'étais venu en acheter cinq. Les réductions étaient effectives à la condition unique où l'on avait le courage de croquer et d'avaler la larve, parasite de l'agave servant à la confection de cette délicieuse boisson au goût de pneu. Cette larve aurait une saveur horriblement infâme, immangeable. Ce challenge était par conséquent insurmontable et réservé au plus téméraire d'entre les clients. Enivré par la descente du litron, pris par le défi lancé et n'écoutant que ma mauvaise conscience, je fis abstraction des cris de supplications de mon habitante buccal et croquais la chenille avec avidité et appât du gain. Je réfléchissais à ce que j'allais pouvoir m'offrir avec les sous économisés pour faire passer l'amertume autant morale que gustative.

Son goût fut comme prédit dans le message.

Horriblement fétide.

Un frisson s'empara de mon corps, je tremblais. Des soldats, baïonnettes droit devant me lacéraient la colonne vertébrale de l'intérieur. Mes oreilles, mes narines et mon anus crachaient une fumée fiévreuse charbonneuse. Je ne sentais plus ma langue et mon palais, insensibilité totale. Mes dents fondaient comme neige au soleil dans un bruit écoeurant d'écumousse.

Ces sensations disparurent peu à peu.

Des accalmies météorologiques furent annoncées au hauts-parleurs cracheurs de feu.

Puis, les grands gagnants du concours de mangeurs de larves de mezcal.

Je faisais parti du lot de vainqueur.

Quel bonheur !

D'un ton très bas, rapide et rempli de postillons comme les informations en astérisque en bas de page, la voix amplifiée décrit ensuite les risques hallucinatoires encourus après ingestion d'une chenille et d'une bouteille entière de mezcal. Je compris que les effets que j'avais ressenti n'étaient que l'introduction. Le voyage allait être long, très long mais apparemment joyeux. Je ne pouvais m'empêcher de rire en pleurant et intérieurement de m'en vouloir pour cette petite âme qui flottait maintenant en moi. La culpabilité était source de joie intense. J'en avais mal au ventre. Je m'aperçus que mon parapluie s'était biodégradé il ne me restait plus que la tige et les baleines dans la main. La septième avait un coup dans l'aile, elle se balançait mollement vers le bas, de droite à gauche.

Pas grave.

Je ne me ferais pas avoir par le consumérisme. Je traverserais le magasin sous la pluie. De toute façon je crois que la température de mon corps était extrême puisque l'eau ne m'atteignait même plus. Elle se transformait en vapeur avant de me toucher. J'étais entouré d'un nuage vaporeux, ce qui ne m'aiderait guère pour trouver mon chemin et les produits que je voulais me procurer. On fera avec, me dis-je sournoisement sans aucune inquiétude quant à l'avenir.

J'avais oublié toute forme de durée, d'heures, de minutes, de secondes.

Pas grave.

D'ailleurs, depuis combien de temps me trouvais-je dans ce hall d'entrée pluvieux ?

Pas important.

En faite, plus rien n'avait d'importance.

YO WAterSToNE - nov 2012 

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08 oct. 12

Masques : "TANGO IN SPACE"

 

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Textes de la performance : "TANGO IN SPACE"

 

 

LA LETTRE D'INTERIM

La tête en lambeau, les yeux vertébraux, la queue suffocantes, les dents pendantes blanchies à la javel de Carolin pour des sols carrelés plus purs. Ce matin précis, je me plaquais dans la file d'attente de l'agence d'intérim pleine à bonder de personnes recherchant à tout prix un travail pénible. Le jeu en valant la chandelle, la télévision, présente sur les lieux du crime de la recherche d'emploi, se faisait les dents sur les charognes des restes zosseux de la galère contemporaine.

Allénouilla mes frères !

Souffrez mes frères !

Trimer mes frères !

Insectes putréfiés et cafards rutilants télévisuels étaient alors prêt à en découdre pour une information croustillantes à livrer chaud chaud les marrons !

À coté, une vieille décatie, pétant la forme de sa jeunesse retrouvée par les moult zopérations chirurgicales, était taccoudée sur le bord de la f'nêt'e droite de l'agence d'intérim sus nommée. Déclamant des poèmes en langue espéranto, elle essayait de regarder de ses yeux vitreux et strabiques, l'œil de droite à gauche, l'autre en haut, le déroulement de la scène quotidienne, répétitive, nerveuse, suffocante qui se tenait devant elle. Sur l'autre rebord de fenêtre il n'y avait personne, juste de la poussière qui se la coulait douce au soleil blanc de décembre en attendant que l'on vienne la ramasser, tranquille la poussière, pas énervée d'un poil la poussière.

Pendant tout ce temps, les caméras tournaient, ce qui donnait surement le tournis au caméraman qui essayait de la maintenir en place et au spectateur assis à l'autre bout du fil de l'image dans son canapé sans dessus dessous.

Cette scène absurde et pourtant bien réelle prenait alors une forme épique et colégram, une vieille dame jeune et ses poèmes strabiques, des caméramans toréadors et leurs caméras folles de rage, des spectateurs sans dessus dessous sur leurs canapés vertigineux, et la poussière tranquille, pas énervée d'un poil la poussière, toujours à se la couler douce sur son rebord de f'nêt'e la poussière.

A ce moment précis, la pression commençait vraiment à monter au guichet et dans les teutês. On n's'occupait plus des personnes qui étaient là avant et qui f'saient la queue, la tête en lambeau, les yeux vertébraux et les dents pendantes blanchies au fluoromax qui racle le carrelage, la rage au ventre et l'envie de tout péter.

 

Y'a rien aujourd'hui Monsieur, mais vous pouvez écrire votre nom sur le cahier de passage et on vous appellera si il y a quelquechose.

Y'a pas grand chose en ce moment, hein ?

 

 

LETTRE DE MOTIVATION

 

Bernard Arnault

Paris, le 20 septembre 2012

Président directeur général du groupe LVMH

  

À l'attention de Monsieur Yohann Rochereau

Monsieur,

 

Suite à l'offre de recherche d'emploi parue sur le site du pôle emploi, nous nous permettons de venir vers vous car celle-ci a suscité notre intérêt.

Après avoir œuvré dans le luxe mondial et en tant que mécène pendant 10 ans dans le monde de l'art contemporain, nous avons été amené à suivre des stages et des formations complémentaires axées sur une direction d'entreprise humble, courtoise et respectueuse de nos employé(e)s. Ces expériences nous confèrent aujourd'hui des compétences pour recevoir nos salarié(e)s avec la plus grande sérénité.

En effet, vous êtes spécialisé dans le domaine de l'art, ce qui pour nous, pourrait être une réelle opportunité pour développer notre entreprise. Dans la conjoncture actuelle, il y a beaucoup de travail pour peu de chercheurs d'emploi, c'est pour cela, que nous faisons appel à vous car votre profil correspond exactement à nos attentes.

 

De plus, nous avons acquis diverses capacités d'entreprise comme la liberté de projet, la non-hiérarchisation, la considération et la redistribution de nos bénéfices à nos salarié(e)s. Tout cela nous a permis de nous enrichir sur le plan de la bienveillance. Nous désirons mettre toutes nos qualités humaines au service de nos employé(e)s.

 

En espérant que notre demande retiendra votre attention, nous restons à votre disposition pour un entretien qui déterminera notre motivation pour vous avoir auprès de nous.

 

Dans l'attente de votre réponse, nous vous prions d'agréer, Monsieur, l'expression de nos respectueuses salutations.

 

 

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16 avr. 12

"In tarte we crust"

 

intartewecrust

C'est le titre de mon prochain bouquin...

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L'escargot

C'est la panoplie d'un gars, d'un très grand gars gras de petite taille qui s'gratte la croûte en se foutant du monde autour.  Y s'fout tellement de son monde qui rapetisse à chaque fois tout en grandissant à l'extérieur de lui même. 

AAArrive un jour où il est tellemnt hors de lui qu'il arrive plus à rentrer en lui et lui ça lui déplaît car il était bien en lui le grand gars gras tout petit. 

À force de ne pas être lui, l'grand gars gras minuscule devient comme un escargot à grand gosier parlementaire sans sa coquille coquette et coquée.

Du coup, il est comme un con !

 

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07 févr. 12

Personnaches

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Feutres de couleurs, Format A3

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Ch'prend la température ???

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  En cliquant sur la banane, vous aurez la réponse à une de vos questions.

Ou pas...

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